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Chapitre Onzième

Vie
En arrivant au domaine familial, les sœurs arguèrent un brin de toilette pour se retrouver seules.
De la salle de bain, on entendait l'eau couler, couvrant les
chuchotements ponctués de rires des deux frangines.
Lord Cricri, non loin dans sa chambre, allongé sur son lit,
souriait béatement les écoutant, imaginant que la cause
de leur bonne humeur était leur après-midi en sa compagnie remémoré.
S'il avait pu entendre les propos des ladies, Lord Cricri aurait vite déchanté ! car si les demoiselles, effectivement, parlaient bien de lui ce n'était hélas, pas en termes élogieux.
-" mais enfin Sissi ! comment as tu pu t'amouracher de ce bêta ! bon sang, je ne sais pas si vous arriverez à vos fins un jour
mais je l'espère pour toi, car en dehors d'un lit, et à
condition qu'il manie mieux le braquemart que la gaule, je ne vois pas ce que tu peux en tirer ! hahaha... pour l'instant
rien en tout cas !
- Chuuuut Chrys ! pas si fort ! il pourrait nous entendre !
et bien moi je lui trouve du charme... bon daccord, il n'est
pas fut-fut mais bon... c'est un bon parti ne l'oublions pas !
et puis, il a quelques atouts intéressants... d'ailleurs j'ai
bien vu ton regard trainer vers son pantalon tout à l'heure !
- je regardais de quel côté penche le peson à contre-poids de
monsieur ! hihihi...
- arrête ! je vais étouffer à force de rire ainsi ! que tu es
bête ! et bien moi je souhaite que la balance penche en ma
faveur sœurette !
- oh mais vas-y ! garde le ! c'est pas un cadeau hein !
- Tu exagères Chrys, hihihi... je suis sûre que c'est un excellent amant ! nous avons joué de malchance c'est tout ! et puis... tu as vu ses mains ? j'adore ses mains !
- pour qui aime les knackies oui ! hahaha
- hahahaaaa... arrête ! je vais me faire pipi dessus avec tes bêtises ! rhooo ! le pauvre ! s'il savait ! on est méchante quand même !
- mais non, lucides, c'est tout... allez ! descendons,
maman n'aime pas attendre... "
Lord Cricri attendait déjà les demoiselles au salon, discutant à
bâtons rompus avec la mère de celles-ci, avec moulte gestuelle afin d'expliquer son fameux "parfait lancé". Son bras partit brutalement en arc de cercle et s'abattit avec force sur l'épaule de Sissi arrivée à ses côtés. La demoiselle se mit à danser au milieu du salon une danse digne de Mickaël Jackson, Jessy Matador et Shakira réunis, ponctuant ses pas à grand renfort d'onomatopées et de mots que la décence m'empêche ici d'évoquer. Lady Chrys, ne put s'empêcher de rire, littéralement pliée dans un fauteuil, les larmes coulant sur ses joues rosies par l'effort qu'elle faisait pour reprendre sa respiration. La maitresse de maison, exortait au calme avec des "allons, allons mes enfants, doucement" mais ne pouvait s'empêcher de sourire.
La douleur estompée, Lady Sissi reprit ses esprits, repoussant avec humeur Lord Cricri, marri.
Ils décidèrent tous quatre d'un commun accord (elles étaient plus d'accord que lui, merci Fabien) de se passer d'apéritif et de diner légèrement. Lord Cricri ressentit comme une punition le manque de spiritueux à la table, mais se souvint de son comportement de la veille (dont les tapis se souviennent) et n'osa broncher. Noyant son dépit dans l'eau de source,
il mangea peu, l'estomac noué. Ces dames, fatiguées par leur journée, décidèrent de monter se coucher sitôt le repas terminé. Chacune rejoignit ses appartements. Lord Cricri, resté seul au salon, se demanda quelle dame il rejoindrait cette nuit. Si son cœur lui soufflait le doux prénom de Sissi, sa tête qui n'en faisait qu'à sa tête en bonne tête qui se respecte (et se trouvant plus en accord avec ses couilles, merci encore Fabien*), lui susurrait celui de Chrys. Il repensa à la façon dont elle avait jeté un œil, même les deux, vers sa protubérance caudale en cet après midi pastoral. Si Sissi si soucieuse de lui lui plaisait, Chrys, crispante par son humour grinçant l'excitait. La jolie blonde n'avait rien à envier à sa sœur, à part peut-être son tour de poitrine resté plus modeste que son ego. Cricri se dirigea vers sa chambre en silence, se déshabilla sans bruit, se lava dans le cabinet de toilettes attenant, se pomponna et parfuma comme une fille de joie. Allait-il tirer (à la courte
paille) sa favorite d'une nuit ? ou laisserait-il ses pas le guider vers l'une ou l'autre chambre, se laissant porter par son instinct ?
Porte de gauche, sa Sissi. Porte de droite sa Kiki... au fond du couloir, la chambre de la reine mère qu'il valait mieux éviter de réveiller.
Indécis, il resta planté là au milieu du couloir faiblement éclairé par la lueur de la lune ronde et pleine (comme le fessier de sa dulcinée) qui pointait un rayon par la lucarne.
pique nique douille... chantonna t-il... c'est moi l'andouille oui !
se sermonna t-il... pourquoi ne pas commencer la nuit chez l'une et rejoindre l'autre ensuite ? elles n'y verraient que du feu et lui serait satisfait... mais voilà, par qui commencer ? Songeant à ses déboires avec Sissi, il se demanda s'il ne serait pas préférable de rendre visite à Chrys afin de jouir pleinement, sans coup férir (ça vous fait rire ?) d'instants torrides avec la blonde incendiaire... Il se sentait l'âme d'un pompier, prêt à user de sa lance pour éteindre l'étincelle qu'il avait cru lire dans les yeux bleus de la belle. Après tout, ce qui serait pris ne serait plus à prendre. Il jeta un dernier coup d'œil vers la porte de Sissi, remise à neuf dans la journée par le charpentier du village (un certain Jésus Marchurlo arrivé par on ne sait quel miracle dans la région) et se dirigea du côté de chez Chrys, la madeleine de Proust de ses vieux jours...


*pour les intéressés, les incultes, les imbéciles, les uns et les autres (rayez la ou les mentions inutiles)... Fabien= Grand Corps Malade

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Article ajouté le 2009-11-02 , consulté 16 fois

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