Chapitre Cinquième

Vie
Leurs corps enlacés échouèrent enfin sur le lit défait
comme deux baleines (surtout elle) sur un banc de sable
(les grains en moins)...
Ils allaient pouvoir goûter le plaisir partagé d'une imbrication
voluptueuse... Lord Cricri, ragaillardi, poussa un "han !" digne de Rahan (toujours plus fort que les vagues de
l'océ'han, trucid'han un or'han-out'han) qu'han détourn'han...
euh, quand détournant le regard du visage énamouré de sa Sissi adorée, il avisa la porte défoncée...
Redoutant un retentissant retour de la retorse reine mère,
(pâle copie du fameux "j'avoue j'en ai bavé pas vous..." de
Monsieur Gainsbourg),
Lord Cricri se leva d'un bond,
bondit jusqu'à l'entrée devenue bée,
bêla un "et meeerrrrde" retentissant,
sans égard pour les chastes oreilles de sa bêêêle, pardon, belle Sissi,
si peu habituée à un langage de charretier...
(ici, honteuse copie du non moins fameux :
"Vous n'êtes rien du tout.
Tout pour rien, rien pour vous.
Vous m'aimez, mais je joue,
J'oublie tout.
Confidence pour confidence" de Monsieur Schulteis)
Elle murmura un timide "que vous arrive-t-il mon ami ?"
et réprima un hoquet bruyant, proche de l'éructation,
avisant brusquement sa mère dans l'encadrure, tenant
d'une main ferme ce qu'elle prît sans doute pour la clenche.
Regardant tour à tour sa fille, la porte au sol
et Lord Cricri cramoisi, elle marqua un temps d'arrêt avant
de s'effondrer lourdement sur la lourde, dans un bruissement
de frous-frous dû à ses jupons fous fous, entraînant dans sa
chute Cricri qu'elle n'avait pas lâché. Il finit sa course
le nez dans le corsage de la redoutable marâtre et profita
de la mollesse soudaine de la main maternelle pour
extirper enfin son membre devenu aussi mou qu'une pâte à
guimauve.

Tof
Il apparaissait que ce week-end prometteur de liaisons torrides, sensuelles, bestiales, se transformait doucement mais inéxorablement en fin de semaine perdu dans les limbes des amoureux éconduits. Cricri meurtri par une blessure au front suite à un écart de la belle lors d'une attaque en règle du monsieur, un orteil ressemblant à une crise de goutte, un postérieur bleu comme le ciel printanier qui apparaissait et un membre qui n'avait plus l'aspect initial qu'aiment tenir entre leurs mains les femmes dévouées à leurs maris, commençait à se poser des questions, que tout un chacun serait en droit de se poser s'il avait vécu un quart des péripéties du bonhomme. Certes, à ce moment, il reposait, le nez dans l'opulente poitrine de Madame Mère, assommée par sa chute, son vit libéré de la prise "masculine" de la dame. Certes, sa position inconfortable du moment conférait au tableau représenté par ce couple improbable allongé sur le sol une solennité digne des meilleurs films de Buster Keaton ou d'Harold Lloyd. Mais, il avait toujours Sissi. La belle Sissi qui se morfondait de ne pouvoir assouvir ses pulsions dévastatrices. Elle le regardait gisant par terre, sur sa daronne, avec l'œil de la femme amoureuse pour qui son homme ne peut être que la représentation vivante de la masculinité et du machisme réunis. Ils décidèrent d'un commun accord de s'accorder une pause et que la partie charnelle qu'ils s'étaient promis serait remise à plus tard. Plusieurs raisons le voulaient. La remise en forme de chacun était nécessaire et certaines parties du corps inhérentes au bon fonctionnement d'un coït en bonne et due forme devaient être mises au repos. Après les ablutions matinales et un petit déjeuner léger (œufs brouillés, bacon, pâté de campagne, deux tranches de jambon, un jus d'orange, 1/2 litre de café, 1 croissant et 2 muffins) pris à la hâte, notre couple à la nuit platonique décida d'aller faire une balade à cheval. Le soleil annonciateur d'une journée printanière, laissait présager quelques bons moments sur les montures. Le fier destrier remis de son marathon hebdomadaire par une jument qui ne l'avait pas laissé insensible, avait été préparé par un palefrenier au bec de lièvre si imposant que la lèvre supérieure n'était plus distincte. Lord Cricri, légèrement dérangé par ce petit déjeuner frugal, le remercia comme il se doit en lui tapotant gentiment le dos. Sissi en habit de cavalière, fraiche comme la rosée matinale, arborait un sourire des plus intense. Elle n'allait pas laisser passer l'occasion de cette balade hippique, pour à son tour se faire chevaucher. Son regard lubrique en disait long sur les intentions salaces de la belle. Elle s'était habillée léger afin de se défaire rapidement de sa tenue de monte au cas où, son soupirant aurait l'idée de lui faire le coup de la panne. Ils partirent donc, cahin-caha vers la forêt avoisinante au domaine. La selle épaisse de Cricri amortissait les dodelinements du cheval, apaisant un peu les douleurs tenaces de l'entrejambe du garçon. Mais il gardait le sourire, espérant un moment propice pour coucher la belle dans les fougères épaisses mais, néanmoins naissantes de ce printemps trop longtemps attendu. Afin de tester si sa braguette était en état de marche, il se mit au trot. Tout allait bien ! La douleur diffuse ne le dérangeait pas au plus haut point et il décida, donc, que l'affaire de Sissi se ferait à l'abri des pins protecteurs de cette forêt ombragée. Il fit, par acquis de conscience un dernier test, et se mit au galop. Alors que la distance commençait à séparer les tourtereaux, Sissi voyant s'éloigner son homme décida de l'appeler afin qu'il l'attende. Cricri, occupé à tester ses sacs à semence et son diffuseur, n'entendait pas, son galop allant croissant. Sissi, désespérée de voir le jockey partir hors de son champ de vision, cria derechef. Il entendit, enfin, les cris et les appels de la cavalière. Il ralentit son allure et se retourna pour voir où se trouvait sa belle soumise. Alors, qu'il se remettait de face, la branche d'un jeune chêne décida qu'il n'y avait pas de place pour deux glands ici, et fit barrage en flagellant le visage de notre infortuné qui tomba de sa fière monture. Le nez sanguinolent, les yeux pleurants de douleur non réprimée et une honte grandissante, donnait une image pitoyable de la virilité que voulait représenter Cricri. Mais que diable avait-il fait pour mériter tout ça ? N'était-il pas allé à l'église pour expier ses multiples fautes ? Si ! Le curé de sa paroisse lui avait donner 5 Pater et trois Ave pour avoir sacrifié à Onan en pensant à sa dulcinée lointaine. Ce ne pouvait donc pas être ses péchés repentis qui lui donnait cette guigne de tous les instants. Et puis avec ce nez en patate, comment allait-il s'occuper du panty de Sissi, si son filtre n'était plus en ordre de marche? Il allait devoir travailler en apnée, au risque de tomber en syncope. Mais, il se jurait que, même avec son appendice nasal en berne, elle aurait droit à cette caresse linguale. Elle le rejoignit quelques instants après, atterrée par le destin peu magnanime de son homme. Elle descendit de sa jument et entreprit de soigner Cricri à l'aide de sa chemise déchirée afin d'en faire des pansements. Sa poitrine apparaissait dans l'échancrure de sa chemise, maintenant en piteux état. Cricri regardait ses mamelles offertes à sa bouche pleine de sang. Il se rinça grâce à la gourde prise précautionneusement avant la balade. Ses lèvres maintenant nettoyées s'en allèrent à la quête du mamelon rebondi. Une mouche espiègle mais neurasthénique, passant par là, s'engouffra dans la cavité buccale, volant doucement vers la gorge à la recherche d'un endroit où se poser. L'endroit chaud et humide invitait au repos. Cricri, sentant l'insecte inspecter sa trachée, commença par tousser avant de débuter une petite asphyxie. Les toussotements  répétés eurent raison de la mouche qui fut expédiée hors de la bouche du malheureux. Sissi n'en revenait pas d'autant de malchance.
Remis de ses émotions, il put enfin, prendre à pleine bouche ces seins gorgés d'envie et de désir. Elle le guidait gentiment, haletante et offerte aux moindres sollicitations du malchanceux. De longs baisers fougueux s'échangèrent. Les langues se délièrent et se mélangèrent. Le gout de l'échalote présente dans le pâté de tête pris au déjeuner remontait un peu, mais il en fallait plus à notre couple pour stopper ces échanges salivaires. Les tétons durcis par l'envie grandissante de Sissi devenaient la proie préférée des incisives de Cricri. Des petits mordillements savamment orchestrés sur les aréoles mammaires, donnaient un avant goût réjouissant des festivités à venir.


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Article ajouté le 2009-10-29 , consulté 19 fois

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