Chapitre Premier
Vie
J'en pense que mon romantisme me perdra avec ma nouvelle version : générique du début (bruits bizarres entre halètements de chiens peut-être ? et souffles étranges, comme si le preneur de son avait collé son micro devant le nez d'un buffle en pleine charge) action... ah... les images sont floues, non, je vois une.. non, un... euh.. non plus... voyons... ah ! voilà, une chambre, fenêtre ouverte (l'action se déroule un jour de printemps doux, les arbres en fleurs exhalent leurs premières senteurs douçâtres, les jeunes filles portent des robes légères mais gardent encore leurs bas pour se prémunir contre les derniers frimas, les jeunes hommes espèrent qu'un coup de vent tournoyant entrainera les derniers vestiges de l'hiver et soulèvera les jupes frivoles éprises de liberté, les vieux sourient, assis au soleil pour réchauffer autant leurs vieux os que leurs souvenirs du temps béni de leurs premières amours), donc fenêtre ouverte, dans la cour un cheval qui reprend son souffle après sa longue course, sur le rebord de la fenêtre, des traces de bottes, elles mêmes gisant sur le sol de la pièce, un fumet délicat de crottin équin se mélangeant à celui non moins délicat de chaussettes taille 42 en pur fil d'Écosse, non loin repose une veste à carreau vichy et son gilet coordonné qui semble flirter avec une robe victorienne dont les volants imposants forment un nid douillet à une perruque- catogan couchée là comme un petit chat dans son panier d'osier, à côté, un chapeau s'emmêle le plumeau avec un ruban de satin gris perle... travelling avant... zoom vers le lit à baldaquins orné de rideaux voletant au souffle léger de la brise printanière... deux corps enchevêtrés concurrencent le vent frais s'engouffrant dans la chambre, en émettant des sons dignes de Pink Floyd dans "Whish you were here"... l'action se précise, on aperçoit une moustache (euh... ah non, y'a une cuisse là), un sein rond semble danser la digue du c.. non la gigue, tandis qu'un crâne surmonté d'une houppette digne de Arturo Brachetti... non, il semble que cette houppette ne fasse pas partie intégrante de la tête prise en étau par deux jambes rebelles... arf Cricri ! je ne suis pas très bonne metteuse en scène.. je te laisse la main (et le reste) pour continuer ce film qui n'a rien à envier à un Spielberg...
Tof
Ce qui pourrait être la suite de ton scénario est du ressort de Marc Dorcel. J'aurais plutôt envie de parler de ce qui s'est passé avant d'arriver sur ce lit à baldaquin.
Une correspondance épistolaire naquit d'une première rencontre orchestrée et organisée par la Sœur de Sissi en sa demeure pendant l'hiver précédant le printemps (quoi de plus normal qu'un printemps qui succède à l'hiver)... Les regards des deux tourtereaux tourmentés s'étaient croisés pour ne plus se lâcher de la soirée. Quelques sourires gênés ainsi que de petits ricanements maladroits ponctuaient cette soirée. Alors que Lady Sissi sortait de table pour aller au salon se prélasser au coin de la cheminée, lord Cricri la suivait non sans se prendre les pieds dans le tapis, ce qui eu pour effet de faire rire l'assistance et de lui faire monter le feu aux joues. Malgré cet embarras bien vite oublié grâce à un doigt de whisky (vous ne voulez pas un whisky d'abord), il prit son courage à deux mains et aborda la gente demoiselle. Après avoir manqué de peu de se retrouver cul par dessus tête, après avoir loupé son fauteuil, ce qui eut un effet particulier auprès de la gourgandine, il engagea la conversation. Quelle ne fut pas sa surprise de constater que des points communs unissaient ces deux êtres. De franches rigolades faisaient écho dans cette belle bâtisse. Il fallait qu'il ait l'adresse de la belle, il ne pouvait en être autrement. Rapidement, elle lui donna, déjà sous le charme de ce Pierre Richard de son époque. Il la trouvait charmante, vive d'esprit, ayant le sens de la répartie. Mais, il devait retrouver ses pénates. Il le fit le cœur léger et son portefeuille doté d'un papier nouveau. Mais pas n'importe lequel. En effet, l'adresse de la soupirante se trouvait dans ce réceptacle bien bloqué contre le cœur.
De longues lettres enflammées mais prudes s'échangèrent. Un désir fou mais néanmoins croissant se ressentait chez l'un comme chez l'autre. Alors que l'hiver tirait sur ses derniers jours, il fut décidé d'une visite chez la belle. Lord Cricri s'en alla, une fois le rendez-vous pris, chez son tailleur. Il lui fallait du sur mesure. Il engagea également un valet d'armes. Un remise en forme était nécessaire, voire indispensable. Le barbier eut droit aussi à la visite du courtois. Le palefrenier et le maréchal ferrant furent mis aussi à l'épreuve. Il ne fallait rien oublier car le périple allait être long et dangereux. Les chemins d'aujourd'hui ne sont plus aussi sûrs qu'antan. Des brigands de grand chemin peuvent altérer de façon irrémédiable votre voyage.
Et c'est ainsi qu'il partit, un matin de printemps. Les hirondelles étaient revenues de leurs hibernations africaines ou ibères. Quelques rayons de soleil commençaient à poindre quand il enjamba sa monture. Pauvre bête qui devait, en plus du poids de son maitre, supportait quelques cadeaux ramenées pour la dulcinée. Les deux premiers jours se passèrent sans souci. L'air léger du printemps et l'odeur de paille fraiche ragaillardissaient notre homme. Encore deux jours et il verrait celle qu'il attendait depuis déjà trop longtemps.
Les deux derniers jours furent plus compliqués. Un désir fou le mettait mal à l'aise sur sa monte. Un pantalon devenu tout d'un coup trop petit à l'entrejambe le gênait énormément. Que lui arrivait-il donc ?











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